Titina La Classe

Rien à faire, le design sera toujours aussi moche. Pimp moi un artiste si tu veux des jolies couleurs.

21 juin 2005

Trop cool

L’enculé le plus cool – Cuizinier (Pour les Filles)

" Bitch, rappelle-toi moi tueur

Il n’y a pas plus balèze que moi sinon tu meurs,

Je suis ce que dans le sport on appelle buteur"

Remarquons en premier lieu la subtilité du titre, aux sonorités parfaites par ailleurs (l’enculé le plus cool).

Mais ce qui nous intéresse ici réside dans le dernier couplet : l’utilisation du champ lexical du meurtre est en effet fort judicieuse. Si la rime tueur/meurs en appelait logiquement une troisième sur le même thème, l’auteur surprend en faisant appel à un tout autre registre, celui du sport, pour la troisième phrase. Cependant,  l’on remarque que, bien qu’il semble s’agir d’un parfait changement de thématique, l’on conserve néanmoins un lien avec le thème précédent. « Comment cela ? » et bien tout simplement avec l’ambivalence sémantique du mot « buteur », qui peut signifier à la fois celui qui marque des buts et celui qui bute. C’est chouette.

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06 juin 2005

Toujours Pour les Filles... il va falloir s'y faire.

Cuizinier – Bouger ça (Pour les Filles)

Toujours dans ce morceau, et toujours à cause des «ce soir », l’on peut interpréter la répétition de cette expression comme une prédilection pour le hic et nunc, c’est à dire le « ici et maintenant ». En d’autres termes, il faut simplement penser à « bouger ça », id est à oublier sa plus ou moins misérable vie et sentir l’esprit dancefloor s’emparer de son corps, ne plus penser à l’avenir, (thème par ailleurs repris plus loin dans Dans le Club San Andreas Remix) c’est ce soir et maintenant que ça se passe, pardonnez moi cette expression prosaïque .

Pour en finir avec la répétition des mots « ce soir » : dans le premier couplet :

                           « ce soir ce soir, t’en as deux pour une »

La répétition judicieuse de « ce soir » par deux  fois appelle logiquement l’expression « deux pour une ». Cuizinier motive donc habilement son texte en faisant appel à une technique littéro-stylistique du plus bel effet.

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05 juin 2005

Attaquons nous à "Pour les Filles".

Décidément, cette tape est vraiment bien. En plus elle réactive ma monomanie (vous ne savez pas ce que vous ne subissez pas, gens qui ne me connaissez pas. Au fait, j’ai réussi à placer « Moi j’écoute du rap » dans une soirée mondaine entre gens éduqués au rock et aux trucs un peu nerdiques (rien de péjoratif là dedans, je me comprends) et à en parler pendant longtemps sans citer une seule fois TTC, cool non ? bon en même temps j’essayais d’argumenter en disant que le rap ne se limitait pas aux pimps, et aux chaînes en or, donc passer « Hustla » après aurait ruiné mes efforts, je pense. Ha ha j’adore ressortir le discours « Peace Love Unity and Having fun, mouvement artistique complet, philosophie de vie, les textes d’Oxmo blabla» alors que bon on sait tous que c’est plus trop vrai. Et qu’on kiffait Lunatic avant d’écouter Prefuse et après avoir découvert The Message.)

Ah, de nouvelles paroles toutes fraîches à se mettre sous la dent… En même temps, vous pourriez dire : « euh ça ne se résume pas à ça. La branlette intellectuelle l’ analyse sur les lyrics de TTC ne doit pas faire oublier tout le reste, il y a des instrus, des flows aussi : du feeling quoi. » Oui, certes, c’est vrai, je suis d’accord, donc je vais le dire ici même : le rap, ça s’écoute avant tout.

Mais merde, moi j’aime bien la branlette intellectuelle.

Donc : deux trois trucs sur Pour Les Filles ( de Cuizinier of course)

J’aime bouger ça : pour analyser un texte, et ce avant d’aborder la question de possibles doubles sens/sens cachés, il faut tout d’abord s’intéresser aux mots en eux mêmes, très basiquement. Dans ce morceau,  l’on compte ainsi un grand nombre d’occurrences de « Ce soir », ce qui pourrait apparaître comme redondant (NDLR : j’ai pas dit relou). Mais si l’on considère l’instrumental utilisée comme base ici, c’est à dire « I like to move it », parangon de l’eurodance à l’époque de nos boums, il convient de remarquer que cette redondance s’harmonise parfaitement avec le thème de départ. Car qu’est ce qu’était « I like to move it » sinon une redondance infinie ? Donc paf : parfait synchronisme entre l’ancien et le nouveau, la base et sa réactivation.

J’ai pas fini, mais là ça fait long d’un seul coup, et il faut ménager le suspense, donc la suite demain. C’est ça, l’art de la communication.

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01 juin 2005

Au menu aujourd'hui.

Ceci est le 51eme message (incontournable), et je viens de recevoir "Pour les Filles", le street CD de Cuizinier, lui même membre de TTC, dont je suis moi même une grande groupie (c'est didactique et clair comme ça).

Des réactions?
Une flaque humide s'est formée à mes pieds, tous mes membres tremblent, mes pupilles dilatées contemplent les mouchoirs usagés qui s'amoncellent à portée de main : je pleure, parce que c'est pour les filles et que c'est grand.

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08 mai 2005

Le débat du moment...

...qui agite à peu près trois personnes.

On m'a dit ça il y a quelques temps : à propos de Dans Le Club, "tellement il  était évident que cet instru était un pur riff de guitare, enfin je dis ça..."

Bon. Au départ, je n'y prête pas attention. Mais j'ai entendu ce soir la même chose venant d'une autre personne, amie de la précédente.

Alors Dans le Club : chanson rock à cheveux longs?

Qu'en pense le peuple de passage ici?

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07 mai 2005

Quelques incohérences qu'il me semble bon de remarquer

Introduction :
Tiens, ça fait longtemps que je n'ai pas parlé de Girlfriend. Donc c'est parti.

Développement
TTC - Girlfriend (Bâtards sensibles)

"Je suis beau lèche moi toute la nuit afin que ta chatte ne sèche pas"

Cette phrase a de quoi en turlupiner plus d'un(e), moi y compris. Physiologiquement parlant, elle ne tient pas debout. En effet, la relation de causalité entre "lèche moi"et "afin que ta chatte ne sèche pas" est difficilement acceptable. Certes, l'on pourrait arguer du fait qu'il est ajouté "Je suis beau", et donc que cette affirmation pourrait être suffisante pour induire le fait que la personne en question soit dans un état d'excitation tel que jusqu'à l'aube elle soit "vaginalement squattable"*. Mais cela reste bien mince, à mon humble avis.

Autre fait troublant :

TTC - Du sang sur le dancefloor (Bâtards sensibles)

"Tous les 26 jours il pleut encore"

Chacun sait qu'un cycle dure 28 jours, comme pour la lune, pareil. Je me suis longuement interrogée sur la symbolique de ce chiffre, 26, et à part le fait que ce soit le jour de ma fête, je ne vois pas trop. Donc ce chiffre qui ne correspond à rien reste mystérieux, d'autant plus qu'auparavant, il est dit "j'ai des renseignements sur tes saignements beauté" (phrase magnifique du point de vue des sonorités d'ailleurs, avec l'homéotéleute "renseignements"/"saignements"). La preuve que non.

Conclusion :
Ces deux incohérences renforcent donc la partie sensible du bâtard, en instituant la faillibilité, la possibilité de se tromper, la preuve de l'erreur. Cela est d'autant plus frappant que ces deux phrases se situent dans deux des chansons que l'on pourrait classer dans la partie bâtarde de l'album. L'on voit donc que l'on ne saurait taxer TTC (**)de manichéisme dans le machisme. Autrement dit, il n'y a pas d'opposition claire et tranchée entre bâtards et sensibles.
Encore une fois, ceci constitue une illustration du fait que le concept de l'oxymore, de l'antithèse bâtards/sensibles, et de l'union métaphorique de ces deux termes, est exploité jusqu'au paroxysme dans cet opus.

*j'ai oublié de qui était cette expression, que son auteur soit malgré tout remercié. En fait c'était peut être moi, va savoir.

** normalement, je n'indique pas quand je fais des blagues subtiles dans mes analyses (si si, cherchez bien, j'ai émaillé mes textes de ce genre de choses, le premier qui les recense toutes a droit à... non rien) mais celle je l'ai faite sans le faire exprès, alors je ne pouvais pas la laisser passer comme ça.

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05 avril 2005

Codéine - Première partie.

Bon d’abord, les lyrics sont ici (genre j’allais les reproduire intégralement, non non non, ce message est déjà bien assez long comme ça)

Tout le monde voit à peu près à quoi cette chanson fait référence. DJ Screw, le South US, le sirop et tout, bon, c’est à peu près clair tout ça non ? .Sinon, hop, un petit tour par-là.

NB : je suis d'humeur didactique hein?

Donc, lorsque l’on connaît les effets de la codéine sur la perception du temps, il n’est pas surprenant que ce titre fasse de constantes références aux temporalités, et que celles ci soient même le concept central du morceau.

Une analyse linéaire s’impose donc (enfin non, il y aurait des solutions plus classe – Titina La Classe –, genre un commentaire avec différents axes et tout, mais bon en même temps c’est moi qui décide)

TTC - Codéine (Bâtards sensibles)

Le premier couplet de Cuizinier : on rentre directement, brutalement, dans la thématique du morceau. L’on passe de la plus grande entité temporelle (heure) à la plus petite (dixième) en quelques instants. Notons que la première phrase comprend le mot « transforme », indiquant ce changement dans la perception du temps qui semble s’accélérer puisqu’une heure est en fait une minute. Cet effet est également rendu par le fait que seule la première phrase contient ce mot, les autres en faisant abstraction, ce qui permet d’accélérer le rythme de la phrase et de créer ainsi une reprise du thème de la vitesse du temps : le signifiant (le rythme) rencontre le signifié (la thématique du morceau). En même temps, si l’on prend une heure pour une minute, alors cela signifie qu’on trouve le temps plutôt long, au bout du compte.[i] Un paradoxe donc, qui reflète bien les effets induits par la codéine.

Alors que les trois premières phrases font état d’un passage de la plus grande unité temporelle à la plus petite, la phrase qui suit, brusquement, fait référence à une période très longue (« les années »). Ce passage brusque, qui rompt avec la logique des phrases précédentes, renforce là aussi l’impression codéinique qui hante le morceau.

On quitte ensuite le thème du temps pour rencontrer la thématique spatiale (nul n’ignore que dans l’inconscient collectif, temps et espace sont mêlés). Rien à dire ici, sauf à remarquer la rupture de rythme sur le mot « explosent » : ce rejet[ii] de ce terme indique bien son sens, puisque le mot explose littéralement dans le couplet. Il s’agit encore d’une rencontre entre le signifiant et le signifié. Donc du coup: bing ! cratylisme[iii].

Pour la suite du couplet, il convient de mettre en lumière l’assonance en « ui » et « i ». les sonorités qui suivent (« con ») sont beaucoup plus dures, ce qui marque une rupture. Toujours le thème du changement, de la confusion. Puis l’expression « en chute libre » arrive, qu’il n’est nullement besoin d’expliciter plus amplement.

A la fin du couplet, le terme « t’expose » reprend, par le même phénomène de rejet et par ressemblance phonique, le terme « explosent » rencontré quelques phrases auparavant. Cette reprise évoque bien évidemment une boucle, un cycle, que l’on peut rapprocher du thème du cycle temporel

A suivre…


[i] remarque empirique fondée sur la perception du temps en cours de Finances Publiques par exemple, où l’on croit qu’il s’est écoulé une heure, alors que non, c’est juste un quart d’heure, et la pause clope est dans longtemps.

[ii] mais, non, ce n’est pas péjoratif. C’est une figure de style.

[iii] le mythe du cratylisme : faire cesser l’arbitraire du signe. C’est un tour de force littéraire. Depuis le temps que je dois écrire un message là dessus… bon, ça viendra.

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03 avril 2005

L'ambivalence dans le discours (Work in progress)

Bon, j’avais déjà fait part ici de mes réflexions sur le comptant/content sur Ebisu RDV, mais il y a également d’autres mots équivoques intéressants à remarquer ici ou là :

TTC – Dans le Club (Bâtards sensibles) : « Quand il bouge en boîte il est armé, il ramène son stylo ainsi que son carnet », qu’on pourrait aussi aisément entendre dans ce sens : « Quand il bouge en boîte il est tard mais… »

La Caution – Toujours électriques (Asphalte Hurlante) : « avec leurs sapes en polyester façon folie des States » ou « façon folie d’esthètes » ? Dans les deux cas, ça fonctionne, c’est ça qui est grand.

TTC – Dans le Club (remix All Star) : « elle baisse dans ton estime ». Intéressant, cette ressemblance phonétique avec « baise » .

Voilà, ce ne sont que quelques réflexions en vrac (un peu comme moi en ce moment), il y a sans nul doute d'autres phrases qui témoignent d'une ambivalence remarquable, alors c'est loin d'être terminé. More later...

Réflexions du moment du dedans de mon cerveau : ça existe le rap lituanien?

Posté par Titina à 15:07 - Analyses de TTC - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2005

Là, c'est un peu facile, j'avoue.

TTC - Ebisu rendez vous (Bâtards Sensibles)

"Tid’ le maso bâtard plaisant fouinant trouvant des vrais collectors au pays du soleil levant
Importé en occident et payant comptant."

Le dernier mot ("comptant") qui clôt admirablement le premier titre de Bâtards Sensibles est équivoque. Il possède en effet un homonyme : "content".  En jouant sur cette ambiguïté, l'on peut imaginer que Tido Berman exprime la joie qui l'habite dans cette visite en Orient et souligne ainsi un dualisme frappant : d'un côté le capitalisme effréné avec le terme "comptant", de l'autre une sensation purement gratuite et primaire ("content").
L'on retrouve encore une fois dans l'utilisation de ce mot  la thématique du paradoxe et de l'ambivalence, repris fréquemment par TTC, notamment sur l'album "Bâtards Sensibles"
Voir le post, ici, : "Quelques réflexions sur Bâtards sensibles", (réflexions auxquelles on pourrait rajouter cette analyse du mot "comptant".)

A noter : cette homonymie est pleinement exploitée sur le Screwed and Chopped by DJ Raze, je ne dirai jamais assez combien cet album est génial.

Posté par Titina à 23:56 - Analyses de TTC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2005

Encore Girlfriend.

TTC – Girlfriend (Bâtards sensibles)

"Marche droit, parle pas, avale, aboie. "

Le couplet de Tekilatex s’achève sur un rythme quaternaire ouvert*, ce qui laisse à penser que la description pourrait encore continuer. Ce qui est d’ailleurs fait avec le couplet de Cuizinier, qui poursuit la gradation commencée par les derniers mots de Tekilatex.

Ces remarques liminaires étant faites, nous permettant d’ores et déjà de prendre conscience de la structure très organisée de cette phrase, attardons nous maintenant sur les sonorités. On observe tout d’abord une assonance en « a » assez flagrante. Pourquoi le a ? Bien entendu parce qu’il rappelle typiquement un cri de jouissance « ahhhhhhhhhhhhh » pendant l’acte sexuel (précédemment, dans le même morceau « quand tu jouis »).

L’on observe en outre une homéotéleute en « oi », qui dissone quelque peu alors que toutes les autres voyelles sont des a. Mais le « oi », phonétiquement, rend la même chose que « wahhhhhhhh », autre cri de jouissance.

*pour la définition, voir le message "Lâchons quelques instants TTC"

Posté par Titina à 18:06 - Analyses de TTC - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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