Titina La Classe

Rien à faire, le design sera toujours aussi moche. Pimp moi un artiste si tu veux des jolies couleurs.

18 mars 2005

Un peu de grandiloquence, bordel de merde.

TTC - Girlfriend (Bâtards sensibles)

Tout le monde l'aura remarqué :

"On m'appelle Cuizinier, laisse moi donc te dire aç

Aç aç aç aç aç aç..."

L'on aurait pu dire : ouais ben bon, ça fait ass en Anglais, c'est cool il y a un jeu de mot. Voilà quoi.

Mais je préfèrerais que l'on s'exprimasse ainsi : le je utilise tout d'abord une catachrèse chère au rap français ("aç"), ce qui pourrait paraître un peu ridicule, surtout si l'on pense à la construction ultérieure du couplet* . Mais ensuite, Cuizinier emploie une ambiguïté du langage, avec un signifiant [as] renvoyant à deux signifiés différents (ass et ). En remotivant ainsi une catachrèse un peu bidon, Cuizinier utilise une syllepse de sens assez inédite. Cette ambiguïté, détournant le langage de sa fonction habituelle, qui est celle d'informer les destinataires de façon claire et précise, prouve l'ambivalence et la complexité des rapports homme/bitch.

Décidément, Girlfriend n'aura pas fini de nous étonner.

*voir un précédent post sur ce même blog, "Un orgasmique chiasme".

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15 mars 2005

Le flash info.

TTC et DJ Raze - Bâtards Sensibles screwed and chopped

Et un screwed and chopped, un! Si ça c'est pas la classe!

Mais analysons la date de sortie, c'est à dire le 15 mars 2005. Le 15 mars 1945, soit il y a tout juste 60 ans, mourrait Drieu La Rochelle, auteur de L'Homme couvert de femmes. Cette thématique est bien reprise dans l'ensemble de l'oeuvre de TTC. Tout concorde donc parfaitement.

NB : Bon je voulais mettre l'image de la pochette mais (c)analblog a changé de gueule, c'est joli, cependant je n'arrive plus à poster d'illustrations maintenant... Comme quoi, la old school, ça a du bon des fois. De toute façon, je l'avais dit : les blogs c'est nul.

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13 mars 2005

Lâchons quelques instants TTC (eh oui tout arrive)

Et concentrons nous sur QHuit (NB: haha fallait pas croire hein)

QHuit - 50 centimes d'euros (Gran Bang)

"Cuizinier le spécimen, prototype, sodomie" et quelques phrases plus tard

"Ton anus a pris un coup de soleil"

D'emblée, remarquons le rythme ternaire (spécimen/prototype/sodomie). Mais en outre, ici, l'on pourrait être déstabilisé par l'emploi du mot "sodomie" dans le couplet de Cuizinier, puisque ce terme n'est motivé par aucun autre dans les phrases précédentes. Néanmoins, ce terme n'arrive pas non plus, pardonnez moi cette expression un peu prosaïque, comme un cheveu sur la soupe. Il n'est pas là par hasard. L'on remarque que le magnifique rythme ternaire spécimen/prototype/sodomie est un rythme ternaire ouvert (NB : avant le dernier terme, c'est une virgule et non un "et", auquel cas il aurait été fermé). Cela signifie que Cuizinier laisse la porte ouverte à une suite probable. En effet, un peu plus loin, le je exprime le terme suivant : "anus". Ceci motive donc complètement l'emploi de "sodomie" utilisé auparavant. L'auditeur est donc libéré de cette tension ("mais pourquoi Cuizinier parle t'il de sexe anal?" peut il se demander, interloqué) qui l'habitait depuis le début du couplet, en faisant le lien sodomie/anus, atteignant ainsi une épiphanie utile à la compréhension de l'ensemble de l'oeuvre.

Ce procédé est souvent utilisé par André Breton, (surréaliste un peu trop mainstream, faudrait que tu fasses gaffe à ta street crédibility, hein Dédé?), notamment dans L'Amour Fou.

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11 mars 2005

Jeu : amuse toi avec moi à débusquer les symboles phalliques.

TTC - Rap jeu (Bâtards sensibles)

"Elles nous trouvent mystérieux comme le cimetière des éléphants"

Le terme "éléphants" évoque, par métonymie voire peut être synecdoque (et vice et versa), les défenses que possède cet animal, fort imposant au demeurant. Or, il est indéniable que ces défenses représentent un symbole phallique en puissance.

 

Bon voilà ça c'est fait

 

 

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07 mars 2005

Les deux soeurs jumelles lesbiennes.

TTC - Dans le Club (Bâtards sensibles)

"Ces deux soeurs jumelles lesbiennes
Dansent nues sur le bar en couple
À moins que ce ne soient les bières
Qui me fassent tout voir en double."

Ici, l'on pourrait de prime abord trouver étonnant le pléonasme "deux soeurs jumelles" (en même temps si elles sont jumelles elles sont forcément deux, cf le Bachelor). Mais rien n'est laissé au hasard. Ce pléonasme conscient est donc là pour renforcer la thématique du double. De même, le couplet de Tekilatex est repété deux fois de suite, soulignant la dualité de ce couple inconventionnel.

Il est également intéressant de noter que lors de la deuxième occurence du couplet, la voix du je est remixée, la phrase un peu déconstruite : signe de l'incohérence induite par la consommation excessive de bière.  

 

 


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04 mars 2005

Intertextualité sancerroise de qualité.

C'est dingue non? :

  • L'Armée des 12 - Gin et Jus : "la bouteille de Sancerre"
  • QHuit - Auréole : "Qu'tu mouilles ton sweat Q8,jusque dans l'18"
  • Svinkels - Bois mes paroles : "Le vin on s'en sert parce qu'il est convivial, rend les dîners de cons vivables"

Et après ça, va pas dire que le Berry c'est pas hip hop.

 

 

 

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02 mars 2005

Un orgasmique chiasme

 Chiasme: "deux procédés sont à l'oeuvre : la répétition et l'inversion. Deux éléments linguisitiques sont répétés, il y a inversion dans la mesure où, alors que le parallélisme réitérerait le même ordre (A B/ A B), un effet de symétrie le renverse (A B/B A)" (C'est pas moi qui le dit, c'est le Dictionnaire de poétique)


TTC - Girlfriend (Bâtards sensibles)

"Suce moi bien pétasse, prends des initiatives,

        A                                            B

Moi j'n'hésite pas car direct j'te sodomise"

          B                                        A

Arrêtons nous un instant sur cette phrase fort bien construite. Nous pouvons observer un intéressant chiasme sémantique, beaucoup plus rare, faut il le rappeler, que le chiasme grammatical par exemple.  Les deux termes A font référence à des pratiques sexuelles, les deux termes B appartenant au champ lexical à la prise d'initiatives. Cette inversion stylistique, considérée comme l'une des marques du discours poétique, "la principale de toutes les licences poétiques" selon le célèbre backpacker Ph; Martinon (NB : ça c'est vraiment la classe pour Cuizinier), peut ici signifier plusieurs choses :

  • le je  est troublé, confus, et tente, par l'agencement des termes en chiasme (car le chiasme ordonne) de réguler cette flamme.
  • ce chiasme représente linguistiquement ce qui va arriver : l'inversion de la position de fellation pour la position de sexe anal. Ainsi les corps s'inverseraient en même temps que les membres de la phrase. L'on touche ici au cratylisme (NB : ah oui j'en ai pas encore parlé de ça) le plus pur.
  • dans le chiasme, DEUX procédés sont à l'oeuvre. dans cette phrase, les protagonistes sont au nombre de deux également : le narrateur-rappeur rappelle ainsi subtilement dans son texte la figure de style qu'il emploie.
  • n'oublions pas que "chiasme", en grec, signifie "disposer en forme de X". Ce X se retrouve sémantiquement (cf film X) dans cette phrase anthologique de Cuizinier, faisant de Girlfriend une chanson plus qu'aboutie d'un point de vue stylistique.

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01 mars 2005

Quelques réflexions autour de Bâtards sensibles

NB : ben ouais TTC encore et toujours, j'assume ma monomanie, c'est la dernière fois que je le précise.

Une oxymore en puissance, c'est le premier mot qui vient à l'esprit lorsque l'on prend connaissance du titre de cet album. 

Le thème de l'antithèse semble être exploité tout au long de l'opus, le titre résumant donc à lui seul l'ensemble des chansons (d'ailleurs ne pouvons nous pas appeler une chanson un titre également? Un titre résumant tous les titres, quoi de plus magistral pour "redonner un sens pur aux mots de la tribu"?) . Par exemple, dans le titre Dans le Club, observons seulement une partie du refrain pour comprendre ce constat : "moitié thug moitié nerd". Comment un thug peut il être nerd, à plus forte raison s'il n'en est qu'une moitié? Un thug se doit d'être real, keep it thorough quoi . En outre, un nerd ne se rend jamais, au grand jamais, dans le club.

De plus, toujours dans Dans le Club, l'on peut prendre cette phrase à témoin : "Bitch, si l'on part sans toi promet moi de ne pas prendre cet air triste". L'on ne peut pas ne pas remarquer (ouais faudrait vraiment être con) la forte tension  entre "Bitch" et la deuxième partie de la phrase : c'est gentil de prêter attention aux sentiments de cette jeune demoiselle, ça l'est beaucoup moins de la traiter de bitch.

Plus simplement, la coexistence du Chant des Hommes et de Girlfriend au sein du même album dénote de cet esprit oxymorien au possible.

Et puis de toute façon, Ceci n'est pas un disque, ben c'en était un quand même.

Rappelons nous : La Vache qui rit se répète à l'infini dans sa boucle d'oreille.

Alors Bâtards Sensibles représenterait il musicalement ce qu'est la Vache Qui Rit au design?

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28 février 2005

Une tentative littéraire d'approche musicale (voire l'inverse)

Ce blog n'a pour d'autre ambition que de se la péter littéraire-style.

Commençons le donc par une petite et délicate mise en bouche :


TTC-J'ai pas sommeil (Bâtards Sensibles)

Les longs soirs d'hiver j'apprends à mon chat à marcher sur les pattes de derrière.
Je prends un somnifère et je refuse de dormir.
(...)

J'aimerais ne pas être le seul à faire des efforts mais je désespère
Et c'est sans espoir que j'apprends à mon chat à marcher sur les pattes de derrière

(...)

La télé allumée j'apprends sur les pattes de derrière à mon chat à marcher.


Ici, l'on note une redondance qui pourrait apparaître fort surprenante (je désespère/Et c'est sans espoir) mais n'oublions pas que tout doit être stylistiquement motivé, bien entendu. Donc, l'on pourrait dire sans risque de surinterprétation (oh non loin de moi cette idée) que cette redondance, doublée de l'allitération en s qui renforce cette impression de répétition, indique l'état dans lequel se trouve le je : l'insomnie fait paraître la nuit longue et répétitive, donc devient rébarbative...

De plus, cette redondance est réexploitée par la répétition du thème du chat, animal nocturne et mystique (cf la représentation du chat à travers les époques), qui, à la fin du texte, est introduite par un écart par rapport à la phrase originelle (j'apprends sur les pattes de derrière à mon chat à marcher). Cet écart exprime l'état de confusion induite par l'insomnie, qui jaillit à la fin de la nuit ainsi qu'à la fin du texte.

 


Posté par Titina à 20:46 - Analyses de TTC - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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